Depuis plus d'une semaine, la soirée de remise du Prix SNCF du polar est déjà du passé alors que la 8ème édition se prépare activement, mais le sentim...
Depuis plus d’une semaine, la soirée de remise du Prix SNCF du polar
est déjà du passé alors que la 8ème édition se prépare activement,
mais le sentiment de bonheur est encore présent parmi les grands vainqueurs. En
attendant de se replonger dans de nouvelles aventures, de nouveaux écrits
haletants, Franck Thilliez, lauréat du polar français, se livre aux internautes
et fait partager ses émotions encore vives. Avant cela, Guillaume Pépy,
Directeur Général Exécutif de la SNCF rappelle ô combien le livre est important
aux yeux de la maison.
Guillaume Pépy (Directeur Général Exécutif de la SNCF,
en photo) : Il y a 1600 personnes qui se sont
impliquées dans cette 7e édition, des bibliothèques et des comités
d’établissement SNCF, un site Internet qui a très bien marché, et tout cela
montre que c’est un prix interactif et surtout un prix des lecteurs.
Certainement l’un des plus importants de France. Pour nous, ce prix est un engagement
profond envers le livre car dans notre société, très audiovisuelle, il faut
défendre la lecture. La SNCF prend une quinzaine d’initiatives chaque année
dans ce sens. Nous sommes présents au Salon du Livre, on soutient également
l’édition et les librairies. La SNCF fait tout pour défendre le livre. Je pense que la lecture c’est le
fondement de notre société. Le livre est un moyen important pour réunir les
hommes. Et notre objectif est que la SNCF soit le parrain de toutes les
initiatives sur le livre et la lecture.
Franck Thilliez (lauréat du polar français avec La Chambre des morts) : J’avais été nominé il y a deux
ans avec mon tout premier roman. C’était déjà une grande joie. Donc gagner le
Prix cette année, c’est une joie immense ! Cela prouve que les lecteurs
ont suivi ce que j’ai fait depuis, mais aussi que j’ai progressé dans
l’écriture. C’est très bien. Cette année 2007 commence de la
plus belle des manières. Il y a beaucoup de choses qui vont se passer. Mon
roman La Chambre des morts sera adapté
au cinéma, et le tournage du film débute le 15 février. Ensuite il sortira en
format de poche, et il sera traduit dans plusieurs langues. 2007 sera une année
importante. D’autant qu’en septembre, je devrai publier mon nouveau roman. Le Prix SNCF du polar est un prix
de grande valeur car c’est un vrai prix de lecteurs. Pour un auteur, c’est
important d’être reconnu par les lecteurs.Ils m’ont choisi, ils ont aimé mon livre. Du coup, cela m’oblige à faire
toujours mieux pour les satisfaire. C’est encourageant forcément, car on fait
plaisir à beaucoup de personnes. Je vais essayer de continuer à progresser.
A venir très prochainement les réactions de Colin Cotterill, lauréat du polar européen, ainsi que des photos de la soirée de remise des Prix.
C'est fait. Les lauréats de la 7e édition du Prix SNCF du polar sont connus. Et ce sont Franck Thilliez, pour le polar français, et Colin Cotterill, p...
C’est fait. Les lauréats de la 7e
édition du Prix SNCF du polar sont connus. Et ce sont Franck Thilliez, pour le
polar français, et Colin Cotterill, pour le polar européen, que vous avez
plébiscités. Lors de la remise des Prix mardi 23 janvier, professionnels et
amateurs du genre se sont retrouvés pour une soirée dédiée au polar…
Des détectives privés à découvert
(comme Alain Bernier), des auteurs de renom (Dominique Manotti entre autres) ou
encore des criminologues érudits (Stéphane Bourgoin) qui rencontrent des
lecteurs de polar, l’idée était fameuse. Et a fait long feu ce mardi soir au
Delaville Café, à Paris. Car pour une première, on peut dire que le Polar
Express (voir la formule en bas) a été un vrai succès. Dans une ambiance
amicale et décontractée, sous la houlette d’un Philippe Vandel impeccable en
Monsieur Loyal, les participants à ce jeu inédit ont été enthousiasmés. Et
c’est bien normal. D’une discussion passionnée sur l’assassinat de Kennedy avec
Philippe Colin-Olivier (journaliste et écrivain) à l’apprentissage de quelques
techniques de filatures avec Marie-Françoise Hollinger (ancienne policière
devenue détective) en passant par la découverte de la genèse de Navarro avec
Tito Topin (scénariste, auteur et producteur de cette série culte), les
rencontres possibles étaient éclectiques et inattendues. Pas un moment de répit
dans ces échanges.
Au rythme du gong et des
pétillantes interviews de Philippe Vandel, les internautes ont eux aussi pu
suivre la remise des Prix et cette soirée exceptionnelle en direct sur le web. Point d’orgue de cette 7ème
édition, la remise des deux prix s’est déroulée juste après ce premier Polar
Express. Et la tension était à son maximum. Côté français, Maud Mayeras, Eric
Nataf et Franck Thilliez ne tenaient plus. Quelques secondes encore… Et le
parrain de cette 7ème édition, Alain Beverini, aux côtés de
Guillaume Pépy, Directeur Général Exécutif de la SNCF, grimé en Dick Tracy,
dégrafait l’enveloppe. Et finalement, c’est Franck Thilliez avec son roman La Chambre des morts (éd. Le Passage) qui
a été récompensé. Emu, visiblement très heureux, le romancier venu du Nord
recevait sa récompense avec un sourire d’enfant. Quelques remerciements plus tard,
le tour des Européens arrivait. En
lice, Massimo Carlotto, Colin Cotterill et Campbell Armstrong. Et c’est
finalement le globe trotter Cotterill et son Déjeuner du coroner (éd. Albin Michel) qui l’a emporté. Représenté
par sa traductrice, l’auteur recevait donc par procuration cette nouvelle, mais
la joie de son « envoyée spéciale » laissait présager de ce que
ressentirait le jeune homme retenu en Asie. Les moments suivants furent
consacrés, par les lauréats et leurs clans, à fêter les récompenses età
poursuivre les échanges engagés un peu plus tôt dans la soirée. Une vraie soirée de
passionnés.
Le POLAR EXPRESS, ce sont 30
amateurs de polars qui rencontrent, chacun et successivement, 6 professionnels
de l’univers du polar (écrivains, éditeurs, journalistes, policiers, juges,
médecins légistes) : 6 échanges de 6 minutes, dans un lieu unique, pour parler
de leur univers de prédilection. Ces face-à-face simultanés (30 rencontres en
même temps) sont tirés au sort et orchestrés au rythme du gong. 30 personnalités
ont accepté de se prêter à cette première édition.
Lauréate européenne de la 6ème édition du Prix SNCF du polar, Mo Hayder a connu avec son ouvrage Tokyo un véritable succès. Quelques jours après la so...
Lauréate européenne de la 6ème
édition du Prix SNCF du polar, Mo Hayder a connu avec son ouvrage Tokyo un véritable succès. Quelques
jours après la sortie de son nouveau roman, Pig
Island, l’auteur britannique, très appréciée des lecteurs du Prix, a
accepté de nous accorder une interview exclusive.
Première question qui vient à l’esprit : qu’est-ce qui a changé dans
votre vie depuis un an ? Tout - absolument tout. Quand je
me regarde dans la glace, je vois une personne totalement différente de celle
que j'y voyais il y a un an.
Comment expliquez-vous le succès de votre polar lors du vote final en
2006 ? Qu’est-ce qui a plu ? C'est un livre ambitieux,
j'imagine, avec l'exploration de deux cultures très excitantes, mais qui
restent secrètes. Puissance mondiale en pleine croissance, la Chine fascine les
gens qui, à mon avis, sont particulièrement intrigués par le secret qui
l'entoure. L'histoire du massacre de Nankin a également été dissimulée pendant
des années - c'est peut-être ce double secret qui a attiré les gens vers mon
livre.
La 8e édition commence. Quel
conseil donneriez-vous à tous ceux et celles qui aimeraient vous imiter ? Faites confiance à vos lecteurs.
Ecrivez ce que vous auriez envie de lire, et ne vous laissez pas influencer par
le marché.
Parlons de vos projets. Le mois prochain vous publiez votre nouveau
roman. De quoi traite-t-il ? Pig Island est l'histoire
d'un sceptique par profession. Joe Oakes est un journaliste qui gagne sa vie en
dévoilant des supercheries paranormales. Quand il entend parler d'une vidéo qui
semble montrer une créature mi-animale mi-humaine parcourant les plages d'une
île inhabitée, il est décidé à démontrer qu'il s'agit d'une tromperie. Il n'a
pas vraiment conscience de l'horreur que vont entraîner ses agissements.
Pensez-vous que vous avez mûri dans votre travail d’écriture ? J'essaie de ne pas être rigide.
La pire chose que puisse faire un auteur est d'écrire la même chose encore et
encore - même si l'on fait cela très bien. Il faut expérimenter, essayer de se
diversifier. Mais la vraie réponse à votre question est celle-ci : j'espère
certainement que mon écriture a mûri car rien d'autre en moi ne l'a fait.
Un petit mot pour tous les internautes et lecteurs qui vous liront ? Le jour de notre naissance, nous
avons entamé la migration qui nous éloigne de tous les secrets du monde. À un
certain point, nous faisons demi-tour et commençons le voyage qui nous ramène à
eux, et qui s'achève par notre mort. Certains opèrent ce retour avant d'autres
- il n'est jamais trop tôt.
La chambre des morts, c’est un roman, primé de surcroît, et ce sera bientôt un film. Adapté de l’oeuvre de Franck Thilliez, lauréat frança...
La chambre des morts, c’est un roman, primé de surcroît, et ce sera
bientôt un film. Adapté de l’oeuvre de Franck Thilliez, lauréat français de
notre 7e édition, ce projet cinématographique est le premier long
métrage d’Alfred Lot, acteur de métier. Mais avant de démarrer les premiers
tournages, prévus le 15 février 2007, ce réalisateur passionné de polar nous
explique la genèse du film, et nous guide dans les coulisses.
Tout d’abord, comment avez-vous découvert le roman et à quand remonte
la première prise de contact avec Franck Thilliez ? En début d’année 2006, au mois de
février, je suis tombé sur ce livre par hasard. J’étais entrain d’écrire un
scénario, et je lisais énormément, surtout des polars, qui sont souvent une
bonne source d’inspiration notamment pour les ambiances. Lorsque j’ai lu La Chambre des morts, j’ai trouvé
l’histoire si formidable, et en particulier l’authenticité des personnages, que
j’en ai parlé à Charles Gassot (ndlr : producteur, avec à son actif des
films cultes comme La Cité de la Peur,
Tanguy, Le bonheur est dans le pré. Il était présent lors du Polar Express)
qui a démarré au quart de tour ! Il a aussitôt contacté l’éditeur avant de
me proposer d’adapter le livre et de réaliser le film ! J’ai rencontré
Franck Thilliez dans la foulée.
Vous avez une double casquette dans ce projet cinématographique, à la
fois réalisateur et scénariste. Quelle est la place de Franck Thilliez par
rapport à votre travail de scénariste ? Avec Franck, cela s’est passé
très simplement. Je lui ai décrit de quelle façon j’envisageais de réaliser le
film. On en a longuement discuté. J’avais un certain nombre d’idées pour
l’adaptation, que je lui ai soumises. Certaines lui ont tellement plu, qu’il
m’a même avoué qu’il aurait aimé les avoir eu lui-même (rires). Et puis comme
Franck est plus spécialisé que moi dans la procédure policière, je l’ai
sollicité durant l’écriture du scénario en lui soumettant mes travaux pour
qu’il apporte son regard.
Pouvez-vous nous raconter les étapes incontournables dans l’adaptation
d’un roman au cinéma ? Je ne pourrai pas généraliser car
chaque scénariste agit à sa manière. Mais je vais vous raconter comment j’ai
procédé avec ce livre en particulier. J’ai commencé par écrire une cinquantaine
de pages qui reprenaient de manière très objective la construction du livre
ensupprimant tout l’aspect
psychologique. Face à ce squelette, je me suis aperçu que des éléments
manquaient à la narration. Ce que Franck faisait passer comme informations ou
sensations à travers des monologues ou l’introspection des personnages, je
devais le retranscrire autrement. Il fallait combler les vides narratifs créés
en supprimant la psychologie du livre. J’ai donc modifié un peu la structure
des personnages de façon à ce qu’ils existent au cinéma où il faut illustrer
les sentiments et les réflexions, puis les mettre en scène.
Y a-t-il des contraintes particulières dans ce genre
d’adaptation ? Il y a des petites choses
racontées dans le roman qui n’existent pas dans la vie réelle. Je pense par
exemple à cette séquence où le personnage principal mène seul l’enquête. Dans
la réalité, jamais un enquêteur ne part seul comme cela ! J’essaye de
faire attention à ce genre de chose, en interrogeant des spécialistes. Il y a
aussi la gestion du temps. Le temps nécessaire au déroulement complet d’une
enquête ne peut pas entrer dans le temps du film. Celui du roman non plus, ou
pas toujours… Le roman de Franck s’étend sur 5-6 jours, mais j’ai choisi deramener la durée de l’histoire à 3 jours pour
donner un peu plus de rythme et d’intensité. J’aurai pu respecter la durée
d’origine, mais c’est un choix délibéré pour installer une sorte de compte à
rebours plus oppressant.
En ce moment, les adaptations ne manquent pas sur le grand écran.
Comment expliquez-vous l’intérêt du cinéma pour les romans policiers ? Le crime est un moteur dramatique
formidable, en plus, il s’inscrit spectaculairement dans le quotidien. C’est ça
l’atout et l’attrait du polar. Et particulièrement dans La Chambre des morts, où l’extraordinaire est près de nous, très
près de nous…
Dernière question, pensez-vous que le lectorat de Franck Thilliez se
retrouvera dans votre film ? Je pense qu’ils vont retrouver 80
% de leur livre. L’histoire est là, les personnages sont légèrement transposés
mais ils sont tous là. Il y en a même quelques uns en plus… Par contre, et ça
c’est un goût personnel, Franck a une passion pour le morbide que je ne partage
pas complètement… je ne suis pas allé aussi loin que lui (rires).
Absent lors de la mémorable soirée de remise du Prix, Colin Cotterill, lauréat du polar européen avec Le Déjeuner du coroner, a reçu sa récompense par...
Absent lors de la mémorable soirée de remise du Prix, Colin Cotterill,
lauréat du polar européen avec Le
Déjeuner du coroner, a reçu sa récompense par procuration. En effet, c’est Valérie
Malfoy, la traductrice française de son polar ici en photo, qui l’a représentée
à Paris. L’auteur anglais, installé en Thaïlande, revient sur cet
événement.
Monsieur Cotterill, quel est votre sentiment sur votre victoire au Prix
SNCF du polar ? Je suis ravi. Quand vous
considérez le nombre d’écrivains de talent qui existent et le nombre de titres
parmi lesquels les lecteurs doivent faire leur choix, vous vous sentez parfois
simplement honoré qu’une ou deux personnes prennent le temps de lire votre
livre. Alors quand vous sortez du lot et recevez un prix, c’est extrêmement
gratifiant. Un immense merci à la SNCF d’avoir organisé ce Prix et un grand
merci également à ceux qui ont votés pour mon livre, qui est aussi celui de
Valérie.
Regrettez-vous de ne pas avoir pu récupérer personnellement votre Prix
lors de la soirée à Paris ? Dès que j’ai appris que j’étais
finaliste (il y a deux semaines environ), j’ai vraiment regretté d’avoir quitté
l’Angleterre si tôt après Noël. J’aurais adoré assister à la cérémonie de
remise. Bien sûr, je n’avais aucune certitude ni indice que je pouvais gagner.
Mais j’aurais adoré être là pour l’ambiance.
Quels sont vos projets d'écriture pour cette année 2007 ? Je viens juste de revenir d’un
voyage sur une île avec un premier jet de manuscrit de la 5e aventure du Dr. Siri,
qui pourrait bien être la dernière. Cette année, je vais commencer à travailler
sur un « roman graphique » pour ados.
Retrouvez également quelques
photos de la soirée de remise du Prix, c’était le mardi 23 janvier au Delaville
Café à Paris. Pour le plaisir des yeux.