Le monde du polar
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Pierre angulaire de l'ouvrage de Jean-Paul Nozière, les « arts premiers » n'ont pas toujours eu l'attention populaire qu'ils méritaient. Aujourd'hui, ...
Pierre angulaire de l’ouvrage de Jean-Paul Nozière, les « arts premiers » n’ont pas toujours eu l’attention populaire qu’ils méritaient. Aujourd’hui, à travers diverses expositions et l’ouverture du musée du Quai Branly, chacun peut s’initier à ce pan de la culture mondiale. Objets de toutes les convoitises dans l’ouvrage Je vais tuer mon papa, les « arts premiers » ont longtemps été peu connus du grand public. Mais depuis l’ouverture du musée du Quai Branly à Paris et la popularisation de ceux-ci, on en sait d’avantage sur ces éléments de culture du monde entier, symboles de la diversité. Ainsi il est désormais possible d’admirer avec force d’explications et de détails ce qui constitue les bases artistiques et culturelles de nombreuses civilisations. Objets usuels du quotidien ou bien dédiés à des cérémonies particulières, souvent d’inspirations artistiques, ils sont les marqueurs d’une culture souvent insoupçonnée. Des masques d’exorcisme du Sri Lanka aux outils Inuits (Sibérie, Amérique du Nord et Groenland) en passant par des statues issues du pays Dogon (Mali) ou encore les traditionnels ponchos argentins, la diversité du monde permet à chacun de découvrir la sensibilité de l’autre. Sa capacité d’adaptation, ses traditions mais aussi ses nécessités. Un voyage initiatique que Jean-Paul Nozière auteur de Je vais tuer mon papa apprécie particulièrement : « les arts premiers sont une porte ouverte sur le monde. Et ils permettent à chacun d’appréhender les autres cultures. J’avais envie d’en parler dans mon livre car cela me touche beaucoup. Il y a un message universel dans chacune de ces statues, de ces masques. Je pense que si l’on emmenait chaque enfant voir le musée du quai Branly, on ferait beaucoup pour la compréhension, l’échange. » A n’en pas douter puisque chaque peuple, chaque ethnie a sa place dans ce musée et à travers toutes ces collections et expositions. La délicatesse d’ouvrage de certains flacons colombiens datant d’entre 800 et 1200 ou encore la force artistique, proche de l’art contemporain d’une coiffe de Melsisi (Vanuatu) ne peuvent pas laisser de marbre. Et invitent au rapprochement, à la compréhension. Pour en savoir plus : Musée du Quai Branly 37, quai Branly |
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De plus en plus présent dans le paysage contemporain du polar, le noir à la sauce scottish fait parler de lui. A l'image de Christopher Brookmyre, dan...
De plus en plus présent dans le paysage contemporain du polar, le noir
à la sauce scottish fait parler de lui. A l’image de Christopher Brookmyre,
dans Faites vos jeux, qui est un
dynamiteur de préjugés tout en défendant avec ardeur la culture écossaise. C’est un fait, le polar écossais se porte bien. Même très bien. Régulièrement sélectionnés et soutenus par les lecteurs dans le Prix SNCF du polar (à l’image de Campbell Armstrong et Craig Russel finalistes respectivement lors des éditions 2007 et 2008), et souvent loin de la figure tutélaire et historique de Sir Conan Doyle qui donna vie à Sherlock Holmes, les représentants du Nord de la Grande-Bretagne s’en donnent à c½ur joie dans leurs écrits et avec un talent indéniable. Depuis les années 70 et l’avènement d’une nouvelle culture, en rupture avec le pouvoir établi et la morosité économique, s’est développée une nouvelle vague qui touche à toutes les disciplines. Le polar en est un des fers de lance. A travers des histoires prenant pied dans la culture urbaine (Trainspotting de Irvine Welsh), le monde découvre une nouvelle facette de L’Ecosse. Une génération de quadra/quinqua qui prend le pouvoir William McIlvanney, figure
incontournable du noir de qualité (qui a dépeint Glasgow de fond en comble dans ses multiples romans) fut à
l’origine du changement de cap écossais dans les années thatchériennes. Depuis,
ses héritiers se multiplient. Ian Rankin est un des auteurs actuels les plus
prolixes et les plus réputés. Récompensés par de nombreux prix ces dernières
années, il fait découvrir avec beaucoup de brio Edimbourg dans sa série mettant
en scène l’inspecteur Rebus, un flic un peu trop porté sur la bouteille et qui
adore le rock des années 70. Un avenir florissant Si les désormais anciens tiennent
toujours la corde, les petits nouveaux font leur apparition ici ou là :
Stuart MacBride en est un des grands espoirs. Son best-seller Cold Granite est un véritable succès
outre-Atlantique. |
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Suite et fin de notre trilogie, avec un dernier épisode consacré aux armes à feu, certainement les plus fascinantes. Fatales, radicales, spectaculaire...
Suite et fin de notre trilogie, avec un
dernier épisode consacré aux armes à feu, certainement les plus fascinantes.
Fatales, radicales, spectaculaires, terrifiantes, ces armes ne manquent pas de
qualificatifs et ne peuvent rendre aucun amateur de polars insensible. Sur le petit écran, comme au cinéma, un film policier ne peut se passer des armes à feu. Pour une raison assez simple : une arme à feu impressionne le téléspectateur, tant sur le plan visuel que sonore. Une étincelle qui jaillit du canon, le bruit assourdissant et répété de la décharge, une balle sifflante jusqu’à atteindre sa cible, bref il existe une multitude d’éléments pouvant faire frissonner les amoureux de polars. Dans les livres, les armes à feu tiennent aussi une place importante, mais pour des raisons plus évidentes. Tous les auteurs vous diront que le genre polar n’est que le reflet de leur société, ce qui explique l’omniprésence des armes à feu dans les ouvrages américains, par exemple. « Dans les pays d’Amérique du Nord et du Sud, où les armes à feu sont très répandues et accessibles, les crimes sont faits essentiellement par ces armes, analyse Stéphane Bourgoin, notre consultant criminologue. Il est donc logique que les auteurs de ces pays s’inspirent de ces armes puisqu’elles font partie de leur culture. C’est exactement le même constat avec l’effondrement des ex-républiques soviétiques, qui a permis et qui permet encore aujourd’hui un trafic des armes à feu en pleine expansion ». En effet, un polar à la sauce américaine, ou au parfum de la mafia russe, est indissociable de la poudre à canon. D’autant qu’aux Etats-Unis et en Russie, les gangs sont légion, et que ces groupes n’utilisent évidemment que les armes à feu car elles facilitent le passage à l’acte meurtrier. Par ailleurs, l’immense pluralité de ces armes offre aussi un choix intéressant aux auteurs de polars dans leur travail d’écriture scénaristique : armes de poings, de guerre, de tir, de chasse, de collection, etc. Si dans les polars outre-Atlantique, les armes à feu sont généralement associées aux malfrats dans la conscience collective, en France, ce sont surtout les policiers et les enquêteurs auxquels les lecteurs pensent instinctivement. Logique, puisqu’il est inimaginable de concevoir les aventures d’un commissaire héros de polar, comme Maigret, sans son arme de service. Sans oublier que le lectorat français raffole d’une science particulière, que l’on retrouve dans les polars, et qui est étroitement liée aux armes à feu : la balistique. Cette science, qui étudie le comportement des projectiles, ouvre des boulevards interminables sur le chemin de l’intrigue et du suspens. Quelle arme à feu le tueur a-t-il utilisé ? A quelle distance a-t-il tiré ? De quelle hauteur ? Bref, les armes à feu, de par la réflexion tout autour de leur utilisation, permettent d’entretenir copieusement les intrigues des polars. Strangulation, armes blanches ou à feu, avez-vous fait votre choix en termes de préférence? La sélection du printemps vient juste de débuter, à vous maintenant de deviner quel genre de tueur pourrait se cacher derrière l’arme du crime... |
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Deuxième volet de notre trilogie, cette fois nous vous présentons les armes blanches. A la fois tellement simple pour s'en procurer, facile à utiliser...
Deuxième volet de notre trilogie, cette
fois nous vous présentons les armes blanches. A la fois tellement simple pour
s’en procurer, facile à utiliser, et terriblement efficace, ces armes sont les
plus exploitées dans l’écriture scénaristique des polars. Lors de notre premier épisode, nous vous avions donné des chiffres sur le pourcentage d’homicides commis par armes blanches dans le monde : entre 15-20 %. Cette proportion semble faible, et pourtant elle pourrait augmenter de façon exponentielle, donc dangereuse, tant il est facile de se procurer une arme blanche. Même vous, dans votre foyer ou sur votre lieu de travail, vous possédez potentiellement des armes de tueurs, il ne suffit que d’en prendre conscience : un couteau de cuisine, un cutter, une paire de ciseaux, un ouvre-enveloppe, un tournevis, etc. Cette facile accessibilité aux armes blanches permet donc de mieux comprendre le protocole meurtrier d’une certaine catégorie de tueurs. « Les jeunes et les gangs d’adolescents ont recours essentiellement aux armes blanches, explique Stéphane Bourgoin, notre consultant sur cette trilogie des armes. Notamment parce qu’elles sont les plus simples d’utilisation, mais aussi parce que dans les pays où les armes à feu sont interdites aux mineurs, comme en Amérique du Nord, les jeunes ont moins de choix. Chez ces adolescents, il y a aussi une connotation sexuelle dans le maniement d’une arme blanche, symbolisée par la pénétration, mais elle est moins prononcée que dans la strangulation » ajoute Stéphane Bourgoin. En effet, les réglementations restrictives, voire prohibitives, sur les armes à feu engendrent de facto une utilisation accrue des armes blanches. C’est le cas par exemple en Grande-Bretagne, où les faits divers en pagaille inspirent régulièrement les auteurs de polars. Mais à côté de l’aspect législatif, il y a aussi une part importante de la culture, et pour illustrer cela, il faut regarder vers l’Asie et plus spécialement dans le pays du Soleil Levant. Les polars se situant sur ce continent ont une saveur particulière, et authentique. L’image du Samouraï, arborant un sabre majestueux, fascine encore aujourd’hui les petits malfrats qui préfèrent instinctivement l’utilisation des armes blanches, même la plus modeste soit-elle. De manière générale, les polars dont ces armes tiennent une place importante, sont empreints d’un réalisme terrifiant. Les différents types d’armes blanches, et ses utilisations variées, offrent un immense champ descriptif pour les auteurs, afin de mettre en exergue la cruauté d’un meurtrier ou l’atrocité des souffrances d’une victime. A venir, le dernier épisode de notre trilogie, consacré aux armes à feu. |
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Nous profitons de ce répit, avant le lancement de la 9e édition du Prix, pour vous proposer une nouvelle trilogie d'articles dédiée au monde du polar....
Nous profitons de ce répit, avant le
lancement de la 9e édition du Prix, pour vous proposer une nouvelle
trilogie d’articles dédiée au monde du polar. « Dis moi quelle arme tu utilises, je te dirai quel genre de tueur tu
serais », voilà ce qui pourrait être le titre de notre trilogie, assez
cynique. Première arme du crime à passer au crible : la strangulation. Dans
le monde, à peine 5% des homicides sont commis par strangulation. C’est très
peu, comparativement aux armes blanches (entre 15 et 20%) et aux armes à feu
(entre 65% et 75% des homicides). Et pourtant, la strangulation est sûrement la
technique meurtrière empreinte de la plus forte symbolique, de par son procédé.
« La strangulation a une connotation
sexuelle, et généralement elle est le point d’orgue d’une pulsion sexuelle »,
explique Stéphane Bourgoin, criminologue patenté, spécialiste des serial
killers. Cette arme oblige un contact
très intime avec la victime, ce qui explique que beaucoup de tueurs en série la
privilégient car ils sont constamment dans un jeu de pouvoir et de puissance
vis-à-vis de leurs cibles ». En effet, seulement 20% des tueurs en
série utilisent une arme à feu, et cela s’explique par le fait qu’ils préfèrent
le rapport charnel de la strangulation. Les mains suffisent, mais l’utilisation
d’objets contondants et de cordes accroit leur « plaisir »
d’asphyxier quelqu’un. Et parmi les plus célèbres serial killers, il en est un
qui porte tristement bien son surnom : Albert DeSalvo, l’Etrangleur de
Boston. Psychopathe pervers aux pulsions sexuelles démesurées, il symbolise le
mieux cette connotation sexuelle liée à la strangulation. Dans
le jargon criminel, il existe une technique ancienne de la strangulation, souvent
décrite dans les polars : le coup en
traître, appelé également le coup du
père François. Petite mise en situation : prenez un assassin, son
complice, et une victime. Le complice s’adresse à la victime en prétextant
n’importe quoi, tant que cela puisse dissiper l’attention de la pauvre cible.
« Auriez-vous l’heure ?
Auriez-vous du feu ? Connaîtriez-vous cette adresse ? »
Pendant ce court instant, le meurtrier s’approche derrière la victime,
généralement avec une corde entre les mains, lui passe la corde par dessus la
tête et CRAC ! Un coup sec du bassin suffit pour faire pivoter fatalement
le cou de la victime. Dans ce cas, la mort est instantanée, mais il faut dire
que la plupart des tueurs préfèrent la strangulation caractérisée par une perte
de connaissance assez lente, et donc un décès tardif. C’est tout un art que de
la maitriser, car en cas d’échec, votre victime reprend ses esprits et la suite
risque de se compliquer... Voilà pourquoi la strangulation ne fait pas beaucoup
d’adeptes parmi les meurtriers. Nous verrons prochainement les armes blanches,
puis les armes à feu, bien plus radicales... |
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Premier meurtrier de l’Histoire selon les textes religieux, Caïn a particulièrement intéressé nos auteurs sélectionnés lors de cette 8ème éditio...
Premier meurtrier de l’Histoire selon les textes religieux, Caïn a particulièrement intéressé nos auteurs sélectionnés lors de cette 8ème édition du Prix SNCF du polar. Mais que cache véritablement son histoire et qu’apporte-t-elle à la lecture que nous avons du monde ? De l’hébreu qayin qui signifie forgeron ou j’ai acquis, Caïn est le premier fils d’Adam et Eve. Présente dans la Bible et le Coran, son histoire est l’incarnation du sentiment de vengeance et de culpabilité. Ce sont ces caractéristiques qui ont particulièrement inspiré Patrick Bauwen avec son ¼il de Caïne et Françoise Guérin dans A la vue, à la mort. L’auteur lyonnaise apprécie particulièrement le sentiment qu’éprouve l’aîné d’Adam et Eve après avoir commis le premier fratricide recensé dans l’histoire religieuse : « ce qui m’intéresse, chez Caïn, c’est moins son crime que sa culpabilité et cette fuite insensée qui concerne aussi mes personnages dans leur vie. » Une vie que les protagonistes de Françoise Guérin tentent de protéger au mieux, par divers artifices mais qui s’avèrent parfois inopérants. A l’inverse, par leur exposition médiatique liée au jeu de télé-réalité auquel ils participent, les héros de Patrick Bauwen s’exposent à ce fameux ½il de Dieu (Hazel Caïne) qui suit partout les candidats, comme pour, parfois, être mieux purifiés de leurs précédents écarts. Par ailleurs, de la reprise du mythe d’Abel et Caïn découle l’opposition classique entre deux êtres pour un même pouvoir. D’autres frères mythiques et célèbres devinrent aussi des meurtriers : dans la mythologique romaine, Romulus fût notamment l’un d’eux puisqu’il assassina son jumeau Romus avant de fonder Rome. Tout comme Seth qui prit la vie de son frère Osiris afin de régner à sa place. Cette mise en abîme des différents mythes place alors le meurtrier dans une tourmente assez étonnante. En supprimant celui qui lui est le plus proche, il obtient un certain pouvoir et les honneurs. Et même si comme Caïn, le meurtrier est condamné à l’errance, il peut devenir l’élu d’une ville, d’un peuple au bénéfice d’un acte négatif. Dans le cas de Seth, ses différents travers font de lui un dieu profondément humain, renvoyant chacun à ses possibles faiblesses. De là à dire que le crime paye… |
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Considéré comme le plus grand spécialiste français des tueurs en série, Stéphane Bourgoin (en photo) peut être assimilé à un détective, d'une certaine...
Considéré comme le plus grand spécialiste
français des tueurs en série, Stéphane Bourgoin (en photo) peut être assimilé à
un détective, d’une certaine manière. Non pas à la recherche de la vérité, tant
il est quasi impossible avec de tels individus aussi complexes, mais à
l’inverse, il filtre leurs mensonges. Fort de ses 28 années d’expérience, les
serial killers n’ont plus de secrets pour lui, ni d’armes d’intimidation contre
lui. Portrait d’un homme imperméable. La première question venant à l’esprit, lorsque l’on évoque les tueurs en série, est de savoir comment ils parviennent à ce stade culminant de la cruauté humaine. Stéphane Bourgoin vous répondra qu’ « on ne naît pas serial killer, on le devient ». Cela s’applique aussi pour un spécialiste des tueurs en série, car ce serait difficilement imaginable qu’une telle idée de profession émerge déjà dans les rêves d’un enfant. Il a fallu un terrible événement déclencheur pour que Stéphane Bourgoin devienne le plus grand spécialiste français des serial killers, bien malgré lui. Tout commence en 1976 aux Etats-Unis, pays comptant le plus grand nombre de tueurs en série par rapport au total de la population. Stéphane Bourgoin, jeune homme de 23 ans, habitait en Californie et coulait des jours heureux avec sa compagne, jusqu’à cette effroyable découverte. Elle a été retrouvée violée et mutilée, le corps sans vie. Ce n’est que deux ans plus tard que Stéphane Bourgoin apprend que l’assassin n’était pas à son premier coup de sang, il faisait partie de la triste famille des tueurs en série. Dès lors, telle une révélation, Stéphane Bourgoin décide de consacrer sa vie à étudier ce comportement injustifiable et incompréhensible. A défaut du « pourquoi », il tente d’apporter des éléments de réponses au « comment ». Son enquête, à la recherche des vérités les plus enfouies, débute avec la rencontre du meurtrier de sa compagne. Le premier d’une longue série. Depuis
1979, Stéphane Bourgoin sillonne le globe afin d’interviewer des serial killers
de toutes natures, et approfondit ses recherches. Jusqu’à arriver à un bilan
effrayant, pour les âmes sensibles, ou au contraire qui impose le respect, pour
les autres : 55 tueurs en série rencontrés. Le plus célèbre étant Ed
Kemper, toujours en vie mais emprisonné (rassurez-vous), celui même qui inspira
le légendaire personnage d’Hannibal Lecteur au cinéma. Stéphane Bourgoin aboutit
alors sur 3 constants principaux. Le premier est que la grande majorité des
tueurs en série ont vécu une enfance très difficile. Violences parentales, abus
sexuels, humiliations, ou abandons comme les enfants de la DASS que sont Guy
Georges et Emile Louis. L’éducation d’un enfant dans un climat hostile, le plus
mignon soit-il, ne fait que germer des sentiments de révolte et de représailles.
Ensuite, les tueurs en série sont des personnes intelligentes. Une extrême
minorité, entre 1 et 5%, est atteinte de maladies mentales, le reste étant
normalement constitué avec un QI très souvent supérieur à 100. Et enfin le troisième
point, le plus propice à d’interminables discussions, chaque tueur en série est
unique dans son genre. Pas de protocole meurtrier commun entre eux, car chacun
possède ses propres rituels, à des degrés de « folie » différents.
Folie au sens où ils sont des psychopathes, et non pas des malades mentaux. De
plus, il y a un autre élément pouvant les réunir, c’est leur propension à
manipuler tous leurs interlocuteurs. « Lorsque
je rencontre des tueurs en série, il y a comme un rapport de force. Ils
cherchent à prendre le dessus, à me manipuler, en me racontant n’importe quoi
soit pour glorifier leurs actes soit par pur plaisir personnel. Mais avec
l’expérience, et aussi les rapports d’enquête que je me procure, j’arrive à
savoir quand un serial killer me ment » raconte Stéphane Bourgoin, sans la
moindre crainte face à eux. Menottés ou pas... Info : lors de la sélection de
l’automne, nous allons vous faire vivre une nouvelle trilogie dont Stéphane
Bourgoin sera le consultant. Patience, vous la découvrirez bientôt en vous
tenant informés régulièrement sur le site du Prix SNCF du polar. |
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La musique de la série culte Navarro ? C'est lui, Serge Perathoner, qui l'a composée avec son fidèle binôme Jannick Top. Près de 108 épisodes depuis 1...
La musique de la série culte Navarro ? C’est lui, Serge Perathoner, qui l’a composée avec son fidèle binôme Jannick Top. Près de 108 épisodes depuis 1989, une belle preuve de longévité. Forcément, pour évoquer les liens étroits entre musique et polar, il connaît sa gamme. Ce virtuose du piano nous détaille la relation de ce couple artistique sur le petit écran. Tout
d’abord, selon-vous, pourquoi le genre polar plaît-il autant aux gens, que
ce soit dans la littérature, à la télévision, ou au cinéma ? Quelle
est l’ambiance type d’une intrigue policière sur le petit écran ? Quels
sont les instruments qui correspondent le mieux au polar ? Pensez-vous
que polar et musique se ressemblent et ont des points communs ? Y-a-t-il
un style de musique qui correspond plus que d’autres au polar ? (Jazz,
rock, etc...) Comment
travaillez-vous lorsqu’on vous demande une composition pour un polar ? Quelles
sont les difficultés ou les contraintes dans une composition musicale ? Serge Perathoner est co-compositeur avec Jannick Top de Navarro (108 épisodes depuis 1989). Pour en savoir plus, son site Internet : www.pianobass.com |
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Lors de la sélection du printemps, Claude Bathany a détonné avec son rock breton tout droit sorti de Last exit to Brest. Pour cette sélection de l'aut...
Lors de la sélection du printemps, Claude Bathany a détonné avec son rock breton tout droit sorti de Last exit to Brest. Pour cette sélection de l’automne, c’est au tour d’Hannelore Cayre (Ground XO) de nous offrir une immersion dans l’univers du rap. Avant eux, une pléiade d’auteurs a marié le polar avec la musique. Retour vers le passé. Musique et littérature ont un point commun essentiel : elles font toutes les deux partie de la prestigieuse famille des « Arts ». Au premier abord, peu de similitudes semblent les rapprocher. L’une fait appel au sens auditif, en jouant sur l’oscillation verticale des décibels, l’autre au sens visuel, en respectant une certaine linéarité de lecture. Et pourtant, en les examinant de plus près, on se rend rapidement compte que musique et littérature forment un joli couple, assez complémentaire. Qui n’a jamais imaginé, à défaut de fredonner, une petite musique d’ambiance lorsqu’il feuillette un bon polar ? Vous savez très bien, le genre de musique au parfum rétro, aux sonorités graves et lancinantes, qui vous donne la chair de poule au fur et à mesure que vous approchez du dénouement... Tout le monde possède des références musicales pour recréer l’atmosphère des intrigues policières, mais reste à savoir lesquelles collent le mieux au genre polar. Le jazz
tient le haut du pavé, et le fond du papier. Logique, puisque l’émergence du roman
noir coïncide avec celle du jazz, pendant l’entre-deux-guerres aux Etats-Unis. Le
monumental James Ellroy en a fait l’une de ses musiques préférées à travers ses
romans, dont le fabuleux Quatuor de Los Angeles. White Jazz, tout un programme,
en est le quatrième et dernier volume. Autre écrivain américain, Michael
Connelly et son personnage incontournable Harry Bosch, un amoureux du jazz, et
notamment d’Armstrong. Le britannique John Harvey distille lui aussi les
références jazzy dans ses ouvrages, par le biais de son héros Charles Resnick. Derrière
le jazz, le blues fait du bruit pour prendre sa place dans le monde du polar. A
partir des années 50, le blues s’impose comme l’une des musiques les plus
tendances, et cela se sent dans les écrits. James Sallis, originaire de la
Nouvelle-Orléans, s’inspire naturellement de la musique locale pour rythmer les
aventures de son détective privé Lew Griffin. Un autre James, Lee Burke, est un
mordu des sonorités issues de la Louisiane et le fait savoir dans ses
histoires. Chester Himes, fils d’enseignants noirs-américains, évoque la
condition de la minorité noire aux Etats-Unis et stigmatise le racisme sur fond
de blues. |
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Sujet parmi tant d'autres de l'ouvrage Citoyens Clandestins de DOA, les renseignements français vivent actuellement un bouleversement. La Ministre de ...
Sujet parmi tant d’autres de l’ouvrage Citoyens Clandestins de DOA, les renseignements français vivent actuellement un bouleversement. La Ministre de l’Intérieur, Michèle Alliot-Marie vient d’annoncer ces jours-ci leur réorganisation pour 2008. En particulier le rapprochement de la DST et des RG sous une nouvelle entité : la Direction Centrale du Renseignement Intérieur. L’occasion de faire un point sur ces deux services et leurs missions très… polar. La DST : Dépendante du Premier Ministre, via le Ministre de l'Intérieur, mais aussi de la Direction Générale de la Police Nationale (DGPN), la Direction de la Surveillance du Territoire a été créée le 16 novembre 1944 sur ordonnance du Général de Gaulle. Elle succède, dans ses missions premières, à la Surveillance du Territoire (ST), qui, pendant la Seconde Guerre Mondiale, permit l’arrestation de nombreux espions allemands. La ST fut cependant dissolue en 1942 par l’envahisseur. L’intérim est assuré à Londres grâce au commandant Dewavrin qui fonde le Bureau Central de Renseignements et d'Action (B.C.R.A.) dont la section de contre-espionnage est confiée au lieutenant Roger Warin. Depuis sa création, son rôle dans le dispositif de défense français n’a cessé d’évoluer. Ses attributions sont ainsi le contre-espionnage intérieur, la protection du patrimoine industriel, scientifique et technologique ainsi que la lutte contre le terrorisme intérieur. Quatre grands pôles constituent ce service français composé d’environ 1800 personnes dont le fameux Secret Défense est une subtilité : - La division sécurité, protection du patrimoine et prolifération - La division de la surveillance du monde Musulman et contre-terrorisme - La division contre-espionnage intérieur - La division des services techniques et de l'informatique La DCRG : La Direction Centrale des Renseignements Généraux, dits RG, est connue sous ce nom actuel depuis l’année 1911 et est l’héritière de ceux que l’on appelait sous la Révolution et l’Empire « les commissaires spéciaux » chargés de « surveiller l’état d’esprit de l’opinion publique ». Aujourd’hui, les RG sont « chargés de la recherche et de la centralisation des renseignements destinés à informer le gouvernement ». Leurs objectifs sont de défendre les intérêts fondamentaux de l’Etat et de participer à la mission de sécurité intérieure. Par ailleurs, la DCRG est chargée de la surveillance des établissements de jeux et des champs de courses. Les RG, qui sont 3000, exercent leurs missions sous l’autorité des Préfets de Région et de la Direction Générale de la Police Nationale, et ce, sur tout le territoire. La DCRG est organisée en 5 pôles : - La sous-direction de la recherche lutte contre le terrorisme et les groupes à risques, - La sous-direction des courses et des jeux veille au respect de la réglementation, ainsi qu'à la défense des intérêts de l'Etat, des joueurs et des établissements de jeux, - Le cabinet du directeur central, l'état-major de la DCRG et la sous-direction des ressources et méthodes assurent la coordination avec les services de police, la communication et les ressources humaines, - Les services déconcentrés assurent, eux, le maillage du territoire. |
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Dans le polar, les détails sont ce qui permet de placer lecteurs et enquêteurs sur la piste des tueurs. Mais aussi de distinguer et de brosser le cara...
Dans le polar, les détails sont ce qui permet de placer lecteurs et enquêteurs sur la piste des tueurs. Mais aussi de distinguer et de brosser le caractère des différents personnages, voire celui des auteurs qui laissent transparaître à tel ou tel moment leurs faiblesses pour un breuvage, un livre ou encore un groupe de musique. Premier tour d’horizon et anecdotes parmi notre sélection estivale et un classique. La Ford Capri 2.8i Là aussi, entre nerveuses italiennes, élégantes anglaises ou robustes allemandes, les auteurs doivent trancher. Et les choix effectués peuvent en dire long sur un personnage et son auteur. Ainsi dans les Allongés Charlie Williams fait de la Ford Capri 2.8i de Royston Blake un personnage à part entière. Une sorte d’amie fidèle mais capricieuse pour laquelle le videur serait prêt à se faire piétiner. Le rêve américain d’un Anglais paumé dans sa propre vie qui voudrait tant partir à la conquête d’autres horizons. Un pan de personnalité sur 4 roues. Le Martini Vesper « - Vous boirez bien quelque chose ? - Oui, un Martini au shaker et pas à la cuillère. » Pas un mot de plus ne suffit pour identifier cette figure emblématique de la littérature policière (et du cinéma par extension), accro à cette boisson agrémentée d’une olive verte : James Bond. Nommé Martini Vesper par Ian Fleming en référence à l’héroïne du premier livre de la saga, ce breuvage fait partie intégrante du personnage le plus smart des services secrets de sa gracieuse Majesté. Remettant par ailleurs à la mode, dans son roman initial Casino Royale, un apéritif un peu désuet comme le Kina Lillet (nécessaire à la mixture préférée de double 0), Fleming a su populariser un cocktail qu’il appréciait et avait lui-même mis au point. Alain Bashung Dans Citoyens Clandestins, Lynx, l’un des personnages, passe toutes ses opérations spéciales écouteurs vissés aux oreilles. Bashung fait partie des artistes passant en boucle dans son lecteur numérique. Comme ces artistes exigeants et efficaces qui construisent des morceaux intemporels dont il parsème d’extraits son ouvrage, DOA, romancier studieux, tresse son intrigue à petits pas mais révèle, une fois la hauteur nécessaire prise et les 700 pages dévorées, une ½uvre fine et sélective. A lire donc et à écouter surtout, au fil des chapitres. |
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On l'a vu dans notre premier article, l'existence des snuff movies fait froid dans le dos. Tandis que de nombreux films, livres et articles traitent d...
On l’a vu dans notre premier article, l’existence des snuff movies fait froid dans le dos. Tandis que de nombreux films, livres et articles traitent de ce phénomène, il est assez difficile de se faire son idée. Alors info ou intox, qu’en est-il vraiment ? Les avis sur les snuff movies sont variés, et nombreux sont ceux qui ne croient pas à leur réalité. Peut être ont-ils raison : il apparaît beaucoup plus risqué pour un réalisateur de filmer un vrai meurtre que de le mettre en scène et de le vendre comme quelque chose d’authentique. Ensuite, la qualité « supposée » des productions aux cadrages de faible niveau, à l’image souvent médiocre permet aujourd’hui aux plus astucieux de truquer les bandes. Enfin d’autres indices mettent la puce à l’oreille pour faire des snuff movies une sorte de légende urbaine : - la transmission orale autour de ce phénomène est la plus courante, celle-ci encourage une réelle fantasmagorie d’autant que le sexe, l’argent et la violence sont au c½ur du phénomène. - une diffusion réservée à un public restreint a moins de chances d'intéresser les organisations criminelles qui visent surtout le profit. A ces arguments, on peut opposer les suivants : - si l’on parle autant des snuff movies, c’est qu’ils existent tout simplement car tout ce que l’esprit humain est capable d’imaginer et de fantasmer est toujours produit par un autre esprit, aussi tordue soit l’idée. - la gravité des faits est tellement grande qu’il serait logique que des personnes produisant de tels films prennent les précautions les plus poussées, comme dans La Mort leur va si bien, afin de se protéger d’éventuels enquêteurs. - en l’an 2000, le journal The Observer a consacré un article au Russe Dimitri Vladimirovich Kuznetsov, 30 ans. Avant d’être arrêté, celui-ci aurait produit et diffusé des vidéos pédophiles dans lesquelles la mort des enfants semblait bien réelle… A travers tout cela, il faut trouver sa propre vérité et pour approfondir la question, la consultation de livres ou films traitant du sujet devient indispensable. Au rayon de ceux-ci, Snuff dont nous parlions dans le premier article permet de rentrer de plain pied dans cette énigme. C½urs sensibles s’abstenir. Tout aussi dérangeant, Cannibal Holocaust, qui a beaucoup inspiré le projet Blair Witch, propose de suivre un anthropologue qui part en Amazonie avec des secours, à la recherche d’une équipe de documentaristes disparue 2 mois plus tôt lors d’une enquête sur des cannibales. Plus près de nous, Hostel, 8mm ou encore The Brave évoque les snuff movies. De quoi égayer largement les week-ends de rentrée ! |
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Eléments incontournables du livre de Peter James, La Mort leur va si bien, les snuff movies sont, en théorie, des films clandestins dans lesquels de v...
Eléments incontournables du livre de Légende urbaine ou réalité morbide, les snuff movies sont devenus un véritable phénomène de société. Mais de quoi s’agit-il vraiment lorsque l’on parle de ce type de productions ? C’est finalement assez simple. Tout commence à l’orée des années 70 : à cette époque, dans les circuits parallèles, les demandes d’amateurs en exotisme et nouveautés sont de plus en plus pressantes. Si l’érotisme fait déjà depuis longtemps partie du paysage cinématographique de seconde zone, le snuff n’en est qu’à ses balbutiements. Il y a de l’argent à faire et les aficionados de cassettes circulant sous le manteau sont prêts à payer cher pour de l’inédit. Tout commence alors avec Michael Findlay, un petit réalisateur de films érotiques. En ce début des seventies, celui-ci voit débarquer des productions pornographiques de plus en plus choquantes et l’intérêt de son public traditionnel se porter sur ces nouveautés qui font un tabac. Il décide alors de franchir un cap en tournant un film inédit. Rebondissant sur la célèbre affaire Charles Manson qui défraya la chronique outre-Atlantique, il décide de mettre en scène en Argentine une histoire de révolutionnaires torturant une famille d’anciens nazis. Tourné avec des moyens plus que limités, le film risque de faire un four car son rendu n’est pas très bon et Findlay peine à trouver un distributeur. Mais il persévère. Sentant le gros coup, Carter Stevens, un producteur, se penche sur les rushs du jeune cinéaste…Une scène sulfureuse, le meurtre réaliste d’une jeune femme est alors ajoutée à la fin du film. Rebaptisée Snuff (de l’américain to snuff, priser du tabac) en référence aux shockers -films bidons souvent tournés en Amazonie montrant le massacre d’animaux et d’autochtones-, la bobine de Findlay défraye la chronique. A sa sortie en 1976, sur Times Square, de nombreuses manifestations naissent pour dénoncer la dégradation de l’image de la femme dans cette production. La scène finale fit tellement polémique que de nombreuses enquêtes furent diligentées pour tirer au clair la fameuse séquence. Pour renforcer le mythe Snuff, il conviendra de savoir que quelques mois plus tard Michael Findlay trouvera la mort en étant décapité par une palle d’hélicoptère… Depuis cette époque, toutes les productions mettant en scène un meurtre possible et probable, surtout celles tournées en plans séquences au cours desquelles l’acte semble réel, sont appelées snuff movies. Deux données majeures doivent ainsi être présentes pour que l’on parle de snuff movies : - il faut que la mort soit présentée comme réelle et qu’elle soit visible pendant son déroulement. La victime ne devant pas être déjà passée au stade du trépas. - la mort doit être filmée dans un temps long, et sembler aussi réaliste que possible. A partir des années 70, le super 8, camera à la portée de certains foyers, rendait ce type de tournage très réaliste. Aujourd’hui, l’avènement du numérique, la multiplication des possibilités technologiques leur donnent un écho des plus retentissants, en particulier sur le web comme cela est évoqué dans La Mort leur va si bien. A suivre : snuff movies, mythes, réalités et fictions |
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Telle une cerise sur le gâteau afin de clore notre saga de l'été, nous vous avons réservé un entretien exclusif avec Xavier Raufer, criminologue inter...
Telle
une cerise sur le gâteau afin de clore notre saga de l’été, nous vous avons
réservé un entretien exclusif avec Xavier Raufer, criminologue
internationalement connu et spécialiste des mafias. Dernier épisode donc, à
travers cet échange riche en enseignements et préjugés révisés. Selon
vous, pourquoi les mafias fascinent autant les gens ? Peut-on
établir un classement des mafias sur l’échelle de la violence ? Peu
d’auteurs écrivent des polars sur les mafias. Pourquoi à votre avis ? A
cause de la difficulté de ce thème ou par crainte ? Et
pensez-vous que ces mafieux sont fiers lorsque l’on parle d’eux à travers des
ouvrages ? En tant
que spécialiste et fin connaisseur des mafias, quels conseils ou mises en garde
donneriez-vous à un auteur souhaitant écrire sur ce thème ? Xavier Raufer |
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Après notre premier épisode consacré à la définition d'une mafia, nous abordons maintenant le fonctionnement d'une telle organisation. Quelles sont se...
Après notre premier épisode consacré à la définition
d’une mafia, nous abordons maintenant le fonctionnement d’une telle
organisation. Quelles sont ses caractéristiques ? Ses activités
principales ? A découvrir ou redécouvrir tout de suite dans notre deuxième
volet de la saga de l’été.
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Durant les prochains jours, nous allons vous faire entrer dans une saga palpitante mais périlleuse, celle des mafias. Sujet mal connu prêtant à des fa...
Durant les prochains jours, nous allons vous faire entrer
dans une saga palpitante mais périlleuse, celle des mafias. Sujet mal connu
prêtant à des fantasmes farfelus, peu abordé dans les polars, fréquemment
adapté sur le grand écran, les mafias fascinent tout le monde. Voici le premier
épisode de cette saga en 3 temps : définition d’une mafia. Le feu brûle, l’eau
mouille, la mafia tue. C’est aussi évident que cela. Certes, ce raccourci est
facile, mais il a le mérite de planter le décor pour les non initiés. Il faut
se le dire, la plupart des gens connaît mal la nature exacte d’une mafia,
pensant même qu’une bande de rigolos encagoulés suffit pour
« mériter » cette appellation. Le cultissime James Ellroy est l’un
des rares écrivains à en avoir fait sa principale source d’inspiration. D’autres
évoquent ce sujet de manière ponctuelle, par exemple Catherine Fradier, en lice
avec Camino 999, s’était beaucoup
documentée sur la mafia russe lorsqu’elle avait écrit Les Carnassières. Idem en ce moment avec Francesco de Filippo, qui
s’attaque d’emblée à la mafia albanaise dans Le Naufrageur en guise de premier roman. Et si les challengers ne
sont pas légion dans le monde du polar, la raison est simple. De nos jours, les
auteurs ont plus de liberté d’imagination en narrant une histoire de crimes
autour d’un groupe de délinquants, d’une pègre locale, de quelques fripouilles
errantes. Une sorte d’assurance tout risque, à défaut d’une assurance vie, pour
ne pas écrire n’importe quoi sur un sujet aussi sensible qu’une mafia. Ecrire un roman sur
une mafia est un acte courageux. Ecrire un article sur les romans de mafia
l’est tout autant. Malgré une petite boule au ventre, le Prix SNCF du polar
accepte de vous expliquer le fonctionnement de ces organisations secrètes …
Tout d’abord, donnons l’origine de ce terme, du moins quelques pistes. Deux
versions sont très répandues, et sortent du lot. MAFIA, le sigle adopté par les
Vêpres siciliennes (1282), Morte Ai Francesi
Italia Anela (« L’Italie aspire
à la mort des Français »), suite au soulèvement contre le roi de
Sicile Charles Ier, intronisé de force par le pape et surtout issu la famille
française d’Anjou. « Ma-ffia,
ma-ffia », le cri d’une mère hurlant lors de ce même événement, après
le viol de sa fille. Autre étymologie possible, le terme arabe « mu’afak » (« protection
des pauvres »), moins connu que les deux précédents, mais plus en
adéquation avec la philosophie des mafieux, qui se revendiquent comme des
Robins des Bois. Ou plutôt des Robins des Rues, équipés d’un flingue dans le
dos, avec des crânes en ligne de mire au lieu de pommes … Ensuite, il est
important de définir la nature d’une mafia. En décembre 2000, les Nations Unies ont signé
une Convention contre la criminalité transnationale, dont le texte référence
donne cette définition : « un
groupe structuré de trois personnes ou plus existant depuis un certain temps et
agissant de concert dans le but de commettre une ou plusieurs infractions
graves ou infractions établies conformément à la présente Convention pour en tirer
directement ou indirectement un avantage financier ou tout autre avantage
matériel ». Cette Convention fut organisée à Palerme, la capitale de
la Sicile. Tout un symbole. Bientôt, si vous
promettez d’être sages et de ne pas le
répéter, nous vous expliquerons le fonctionnement d’une organisation mafieuse.
Selon les critères établis par l’Union Européenne. |
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Souvenez-vous. En juin dernier, le Prix SNCF du polar vous présentait la soirée « Un Crime de A à Z », organisée à la Bibliothèque Francophone Multimé...
Souvenez-vous. En juin dernier, le Prix SNCF du polar
vous présentait la soirée « Un Crime de A à Z », organisée à la
Bibliothèque Francophone Multimédia de Limoges. Un événement inédit qui mettait
en scène le vrai faux procès de Karter, le personnage inventé de toutes pièces par
Maud Mayeras. A la fin des plaidoiries, le public de la BFM était invité à
échanger de savoureux moments de discussion avec les protagonistes du
« Tribunal ». Parmi les mains levées, celle de Gerardo Lambertoni
(en photo au premier plan), écrivain, et spécialiste du roman noir et
policier. Lors de la soirée polar à Limoges, vous aviez développé un
exposé très intéressant sur le thème « Amnésie et polar », à travers
le roman Hématome de Maud Mayeras et l’univers
du polar de manière générale. Pour les internautes, pourriez-vous résumer votre
intervention ? Beaucoup d’auteurs traitent de la mémoire afin de
développer une intrigue. Est-il à ce point indispensable d'exploiter ce thème,
qui participe du processus de reconstitution d'un crime, pour écrire un bon
polar ? Pensez-vous qu’un auteur qui se permet de jouer avec le
thème de la mémoire dans son scénario doit être un fin psychologue ? Justement, quelles sont les difficultés d’écriture sur ce
genre de thème ? Quels sont les pièges à éviter pour ne pas créer
d’incompréhension chez le lecteur ?
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Ouvrage le plus vendu en librairie, le polar tient toujours le haut du pavé dans l'Hexagone. Une partie de son succès vient du fait qu'il sait plus qu...
Ouvrage le plus vendu en librairie, le polar tient toujours le haut du pavé dans l’Hexagone. Une partie de son succès vient du fait qu’il sait plus que n’importe quel autre genre coller à la réalité. Explication. S’il existe dans la littérature actuelle un genre qui se revendique en prise directe avec la réalité, il s’agit bien du polar. Parfaits manuels d’histoire des dernières décennies, les noirs sont le reflet de l’évolution de notre société. Miroirs un peu déformés pour lecteurs alouettes, ils sont depuis toujours à la pointe du progrès et des révolutions sociétales. Emergeant à partir de la fin du 18ème siècle pour éclore totalement au milieu du 19ème, le polar accompagne les révolutions industrielles et leurs cohortes de bouleversements en cascade : exode rural, croissance des villes, développement des banlieues permettent de planter des décors toujours plus crédibles. Que ce soit sur les plans sociologiques ou scientifiques, les auteurs sont de vrais enquêteurs et n’hésitent jamais à consulter des spécialistes afin de rendre leurs écrits toujours plus authentiques. Ainsi en France, et ce dès les années 1860, Emile Gaboriau, par l’intermédiaire de son enquêteur Lecocq, fait entrer dans le roman noir les avancées techniques les plus marquantes du moment. La prise d’empreintes par moulage, les filatures, l’utilisation d’indices et les déductions logiques sont autant de cordes à l’arc de son héros. L’expérience et le passé de Gaboriau, tour à tour clerc d'avoué, hussard en Afrique, chef d'écurie, membre de la cavalerie puis journaliste plaident en la faveur d’une littérature ancrée dans le temps présent et le pragmatisme. Au fil des années, les successeurs de ce père du polar ont repris à leur compte cette envie de réalité. Fin 19ème, l’engouement outre-Manche pour les enquêtes de Sherlock Holmes assoie encore plus la volonté du public de retrouver dans ses lectures des éléments piochés dans la vie quotidienne. Les connaissances médicales ou botaniques de l’auteur, Sir Conan Doyle, y sont distillées au fur et à mesure que le héros progresse dans ses enquêtes. Un peu plus tard, Agatha Christie se fera un point d’honneur à cadrer l’intrigue de ses romans sur des événements majeurs de son temps. Notamment en Egypte, pays des exploits de son second mari, l’archéologue Max Mallowan. A partir du milieu du 19ème siècle, ces tendances pour l’enquête de terrain et le souci de détail deviennent de plus en plus importantes et s’accélèrent. Les recherches d’informations sont dignes des plus fins limiers de la police actuelle et les ressources mobilisées par certains romanciers sont de plus en plus nombreuses. A partir de cartes IGN ultra détaillées, de rencontres avec des barbouzes et autres indics peu fréquentables, les romanciers déploient des trésors d’énergie pour rendre leurs récits toujours plus précis. A la lecture du Citoyens Clandestins de DOA, on s’y tromperait presque. Les personnages et les faits sont si réalistes qu’on croirait presque un livre enquête rédigé par un journaliste ! Ce qui en devient encore plus anxiogène Heureusement, comme le veut la formule, « la ressemblance avec des personnages réels ne serait que pure coïncidence »… |
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Une ville et un auteur forment souvent un couple inséparable, embarqué dans une longue histoire d'amour. Européenne, Africaine, Américaine ou Asiatiqu...
Une ville et un auteur forment souvent un
couple inséparable, embarqué dans une longue histoire d’amour. Européenne,
Africaine, Américaine ou Asiatique, la ville restera toujours le support idéal
d’une intrigue haletante, avec l’auteur comme maître des lieux. |
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Gilda Piersanti l'a bien compris : les catacombes restent un endroit mystique, effrayant de nature, propre à éveiller les imaginations les plus fantas...
Gilda Piersanti l’a bien compris : les catacombes restent un endroit mystique, effrayant de nature, propre à éveiller les imaginations les plus fantasques… ou les plus sanglantes. Mais si faute de pouvoir aller à Rome – après la lecture de l’excellent Bleu Catacombes – le curieux rêve de découvrir ces souterrains sans fonds, qu’il se rassure : Paris réserve aussi bien des secrets… Rendez-vous place Denfert-Rochereau. Une fois les 83 marches descendues, plongé dans la semi-obscurité, le visiteur découvre un autre monde. Glacial. Des ossements par milliers, des rangées de crânes ; une farandole mortuaire s’étend à perte de vue sur des kilomètres. François Rabelais y a trouvé la paix, Blaise Pascal y sommeille aussi, tous deux rejoints par l’infortuné Camille Desmoulins et tant d’autres, célèbres ou anonymes. Car ne l’oublions pas, les catacombes de Paris ont une très longue histoire… Au XVIIIe siècle, le cimetière des Innocents – à deux pas de Saint-Eustache, dans l’actuel quartier des Halles – était un véritable foyer d’infections. Dix siècles d’utilisation avaient corrompu les lieux ; il devenait urgent d’y mettre un terme. En novembre 1785, le cimetière est tout simplement… déplacé ! Et les anciennes carrières de Paris deviennent ainsi les catacombes du royaume. Plus de deux années furent nécessaires au transport des ossements, qui s’acheva en 1788. Mais c’était sans compter les autres cimetières, eux aussi saturés, qui se décidèrent à suivre l’exemple. Au XIXe siècle, les vivants disputent aux morts le droit de découvrir les lieux. Charles X, encore comte d’Artois, se fait accompagner de quelques courageuses dames de cour. Napoléon III y entraîne son fils, le Prince impérial. Des catacombes, on aura tout dit, surtout le pire : revenants, meurtriers, voyageurs égarés, chaque galerie a son histoire. Le Moniteur Universel, gazette de l’époque, s’en délecte : Ainsi, le 22 septembre 1860, on apprenait qu’un dénommé M. Katery s’était rendu dans une galerie pour y faire changer une serrure. Accompagné d’un |
